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A notre enfant intérieur

A notre enfant intérieur

Chacun d'entre nous tous commence son expérimentation terrestre par ce qui lui est offert au dehors. Respirer, toucher, voir, goûter, entendre... Voilà notre délicieux lot quotidien. Puis vient, plus au moins rapidement, le travail de l'introspection et là débute la véritable aventure du "Qui es-tu? Qu'es-tu venu faire ici?" Un passage obligé de 7 à 77 ans.... Et qu'importe l'âge, il est à entreprendre !
Chaque vécu, chaque incarnation, est aussi unique et différente que ne l'est l'ADN. Trop souvent, nos premières expériences (d’enfant et d'adolescent) sont le propos à la construction de souffrances, de mésestimes voire même de dégoût de soi !!! Le petit enfant que nous avons tous été demeure bien souvent insatisfait dans ses désirs et ses envies d'être profondément aimé. On le voit si cruellement dans nos attitudes en société.... L'adulte moderne et consommateur reste un enfant frustré, meurtri et pétri de peurs souvent plutôt inconscientes ! En un mot comme en mille, il ne s'aime pas et retranscrit ce désamour dans des quêtes de couples impossibles, d’achats compulsifs ou d’addictions.... En amour, le mythe rassurant de la princesse et du prince nous fait chercher notre parfaite moitié sans presque jamais comprendre que cette quête est impossible sans l'amour de soi. Je projette sur toi mes désirs, mes peurs, mes attentes, mes insatisfactions d'enfant de façon aussi puissante que refoulée... Pouvoir puissant de l’inconscient ! En mode survie, tu seras mon sauveur avant de peut-être devenir mon bourreau…
Nous cherchons aussi à combler ce vide intérieur par la possession d’objets qui nous semblent prestigieux ou par l’ingurgitation d’une nourriture toujours plus abondante, grasse et sucrée. Sans introspection, nous ne voyons de salut à notre possible bonheur qu'à l'extérieur ! La méthode légitimement employée en début d'expérimentation terrestre via nos cinq sens a été prolongée et appliquée dans tous les domaines de notre vie sans exception aucune... Tout au dehors et rien au dedans…
Même nos sexualités ont été instrumentalisées: des corps stéréotypés, des techniques, une course à la performance, de la beauté arbitraire, de la norme et le visionnage de vidéos pornos toujours plus avilissantes… Que fait-on de la connexion énergétique, du lien, de l’amour conscient, du cœur à cœur? L’intériorité est absente de nos échanges! Enfin presque car, ce qui se joue à l'intérieur, maintenu secret et renfermé, ce sont les ruminations du mental, du petit ego. Celui-là même qui s’évertue à nous torturer, à calculer, manipuler en nous faisant croire que tout se joue à l’extérieur. Lui qui cherche à se rassurer, guidé par la peur de ne plus être maître en sa demeure ! Quand allons-nous donc décider de retourner ce fonctionnement afin de vivre notre introspection? Nous accorder chaque jour quelques minutes à observer ce manège intérieur qui se déroule perpétuellement en nous? D'essayer d'identifier ces montagnes de petites souffrances quotidiennes qui additionnées sont devenues une forteresse de complications? D’être spectateur de nos propres jeux de rôle? Sans cette acception, cette introspection, les chances de voir briller en nous l'amour qui nous a conçu, ne sont-elle pas moindre? Car oui, même au pire des cas d’expériences destructrices existe une force d'Amour ! Cela peut légitimement devenir inaudible à celles et ceux qui ont été victimes de violences physiques et morales...
Et pourtant ! A présent adulte est ouverte la porte aux milles possibles...
Ceux de la résilience, de la possibilité offerte à la transmutation des «mauvaises»  énergies.... Plus les difficultés furent grandes et éprouvantes et plus les facultés à pardonner et à aimer sont immenses.... Mouvement proportionnel de balancier !  Seulement, encore une fois, pour toucher à cela, il n'est qu'une voie... L'amour premier de soi ! Difficile entreprise que de consoler et de guérir  l'enfant intérieur qui a été bafoué, humilié, violenté et dénigré, d’avoir à revivre avec lui nos différents traumatismes. Néanmoins, c'est la reconsidération de cet enfant meurtri au dedans qui ouvre les portes à la félicité.
Savoir écouter ce qu’il a à nous dire de ses blessures, ses envies de vengeances ou même de meurtres, est l'entreprise préalable à toute manifestation d’amour dans nos vies. Il faut à un moment savoir accueillir notre part de vulnérabilité au delà de l’armure, du masque de l’adulte qui contrôle. C’exige ici une réconciliation avec soi en tout premier lieu… Je ne peux pas m’aimer entièrement dans le déni de ce que je suis vraiment, de toutes les parts de moi-même, en laissant cet enfant pleurer, saigner. Reconnaissons que toute cette mésestime, ce désamour profond se projette dans nos vies quotidiennes et que nous méritons mieux. Aux vibrations envoyées sont présentées leurs solutions de sorties... A transcender ! A continuer de blâmer tout et partout, je continue de nourrir l'ensemble de mes propres souffrances, je me victimise et devient vraiment victime. Cercle vicieux ! A cela, je peux, ici et maintenant, décider d'offrir mon amour, y mettre de la lumière. Cher Enfant intérieur, je décide de t’accueillir, de te reconnaître, de t'accepter avec tous tes défauts et tes travers, de t’écouter me raconter tout ce que tu n’as pas encore digéré, de te laisser t’exprimer, dans ton chagrin, ta colère, ta rancœur....
Ensuite, ensemble nous apprendrons à pardonner le passé, à jouir du présent dans de grands éclats de rire car la vie est un jeu de jouissance ! Sans cette prise de conscience, je reste enfermé ! Enfermé à blâmer tout ce qui se présente à moi, à me plaindre, à subir, à me débattre, me fatiguer, mourir à petit feu !!! De porte de sortie, il ne peut point en avoir d'autre que cette fondamentale acceptation: En moi vibre l'Univers.... 
La vilaine chenille urticante s'offre spontanément le droit à devenir un majestueux papillon multicolore ! Métamorphose dont je suis le seul à détenir la clé du processus évolutif ! La peur monte de savoir jusqu'à quel point cela peut faire mal de laisser sa peau se déchirer afin de laisser pousser les ailes, à se révéler dans sa plus grande splendeur.... Evidemment ! Mésestime et surestime de soi ne sont que les pendants d'une seule et unique médaille: celle du mental-ego ! Victimisation ou déification...
Qu'importe, j'ai choisi la voie tortueuse, celle de l'absence de reconnaissance de soi. "je ne suis rien ni personne » ou alors "je suis tout et le meilleur" jouent la même pièce de théâtre... "Je ne sais pas m'aimer: Par pitié, aimez moi, donnez moi tout cet amour que je n’ai pas reçu et réparer moi une bonne fois pour toute" ou alors: "Regardez comme je suis beau et grand, vous n’êtes rien à côté de moi, petites larves !" Pendant ce temps, l’enfant blessé  continue de crier dans l'ombre ses déceptions et ses peurs. Si nous refusons de le voir, de l'entendre tel qu'il est, de le consoler, de rire et jouer avec lui que peut-il en sortir de bon?  Il n'est pas question de se trouver une mission de vie hors du commun et exemplaire en tous points mais seulement de s'accepter. D'embrasser la vie et son existence dans une forme de simplicité.
D'expérimenter le "Je suis" qui ne se laisse pas embraquer dans les complexes arcanes du mental.  Alors, foulons ce chemin du pardon à soi et aux autres dès à présent afin de nous reconnecter tout en gardant à l’esprit cette pensée de bouddha: "Chaque matin nous renaissons à nouveau. Ce que nous faisons aujourd'hui est ce que qui importe le plus"


Adélaïde et Yan.